Nantes, plus de policiers municipaux dans les rue de la ville en 2017

La ville de Nantes a décidé de renforcer les effectifs de sa Police Municipale. Une police municipale toujours non armée, mais pas sans défense. La ville a investit 200 000 euros dans de nouveau équipement pour mieux protéger ses agents. 
 
 
 
 
 
"La police municipale, ce n'est pas la police nationale", lance Johanna Roland maire PS de Nantes. "Notre police municipale n'a pas le même job, ni les mêmes responsabilités que les policiers nationaux". 
 
C'était attendu depuis longtemps, mais cette fois la ville de Nantes annonce pour février 2017 le renforcement des rangs de sa police municipale nantaise. Une police non armée puisque la maire de Nantes s'y refuse. "Nous avons créé un comité avec des agents, dans un cadre que j'ai fixé, il devait faire des propositions. Sur les six propositions, nous en avons adoptés six !". Carton plein en somme ! Toutefois, les agents de la police municipale ne porteront pas d'arme à feu. Il seront doté de matraque télescopique, de caméras-pietons (déclenchée lors de situations tendues) et de flashball ! "Les flashball, ou lanceur de balles, feront partie d'un équipement collectif et non-individuel", précise Gilles Nicolas, adjoint au Maire et délégué à la Sécurité et la tranquillité publique. Autrement dit, les flashballs resteront dans la dizaine de véhicules calligraphiés !
 
Si l'utilisation du flashball est critiquée par le collectif des "blessés de la police" qui juge que la police municipale n'a pas vocation à être armée, pour le syndicat Force Ouvrière FO : "le flashball n'est pas suffisant pour faire face à des situations critiques, alors que dire d'une matraque télescopique". Côté politique Aymeric Seassau (Secrétaire départemental du PCF) : "Le flashball est une arme qui tue. Et à Nantes, nous devons mener une politique de tranquillité publique de gauche". Pour le syndicat FO en revanche ne pas comprendre l'importance d'un vrai armement, c'est faire preuve "d'amateurisme".
 
 
 
 
Un gilet pare-balles oui, mais rien pour répliquer
 
 
Autre disposition, les agents de la police municipale porteront un gilet pare-balles par-dessus leur tenue, de manière à ce qu'il soit visible : "Ce sont les agents qui ont demandé de porter un gilet visible", confirme la maire de Nantes.
Sur ce sujet, certaines opinions s'expriment dans les rangs de la Police : "s'il parait normal d'avoir de quoi se protéger, c'est hallucinant de ne rien avoir pour répliquer". D'autant qu'il s'agit de gilet de classe 3A "et ce n'est pas le top de l'équipement face à certaines armes". A l'instar de la police nationale les demandes des agents portent sur "des moyens de riposte mieux adaptés et plus de formation". Car malgré les événements de Charlie, si les policiers tirent à 15 mètres, leur formation compte seulement trois entraînements par an :  90 cartouches en tout ! "Ce n'est pas assez" disent-ils. 
 
 
 
Enfin, les agents de la police municipale le réclamait depuis longtemps, elle va enfin pouvoir se brancher et écouter les ondes radios de la police Nationale au nom de  l'interopérabilité. "Mais chacune des polices restera dans son rôle" insiste-t-on encore à la Mairie. Au total, la ville a investi 200 000 euros dans de nouveaux équipements pour mieux protéger sa police.
 
De la proximité de la police municipale
 
"Le rôle de la police municipale, c'est d'être au plus près de la population et de se montrer, de faire acte de présence sur le terrain, dans les quartiers" rappelle Gilles Nicolas. Plus d'agents, c'est une présence renforcée dans les quartiers.  Une présence qui s'inscrit dans une sorte d'ilotage à la demande :   "Nos patrouilles iront là où on nous signalera des problèmes pour réagir en fonction des incidents". Mais des circuits de surveillance prédéfinis sont aussi au programme, de 10 à 19 heures, précise la Mairie.  
 
Une "maison" de la Tranquillité Publique devrait être créée à Nantes. A défaut, pour le moment d'un lieu physique, la ville annonce l'ouverture des "services" de la maison de la Tranquillité, à savoir un site internet www.maisontranquilite.fr et une ligne téléphonique 02 40 41 99 99. 
 
Une proximité souhaitée,  mais qui a fait défaut ; puisque la police municipale n'était pas présente place Royale lors de la Semaine de la Sécurité en octobre dernier. Une absence remarquée (http://www.dolcerama.fr/actualites-nantes-infos-nantaises/5128-rencontres-de-la-securite-2016-place-royale-a-nantes.html
 
L'effectif de la police municipale de Nantes sera donc porté à 115 agents ; puisque 20 agents sont en cours de recrutement, sur 350 impétrants. "Nous en avons déjà sélectionnés 14", précise Gilles Nicolas notamment des femmes. Les futurs agents suivront une formation sur six mois avant d'aller sur le terrain. Sur  350 candidatures !
 
Vidéo de surveillance, vidéo de protection
 
A noter que la vidéo surveillance devrait être renforcée. Nantes utilise déjà la vidéo protection. Johanna Rolland rappelle que :"la ville dispose déjà de caméras : 80 dédiées pour le trafic ; 35 aux contrôles d'accès ; et près de 1900 caméras embarquées dans les transports publics". pour la Maire de Nantes, la vidéo est surtout utile pour élucider des actes de malveillance.
 
La sécurité n'a pas fini de s'inviter dans le débat politique. Les bonnes intentions vont sans doute se multiplier à l'approche des élections -notamment législatives !